Documentaire – Khandro: Le chemin de paix d’une femme

Le BuddhaFest Online Film Festival présente cette année en ouverture un film-documentaire néerlandais Khandro: A Woman’s Path of Peace (Khandro: Le chemin de paix d’une femme) réalisé par Babeth VanLoo.

Le statut de la femme varie fondamentalement selon les courants bouddhistes. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un sujet nouveau, cela fait depuis le temps de Bouddha que les communautés religieuses de femmes existent. Et pourtant de nos jours, dans le bouddhisme tibétain les femmes enseignantes se font rares. Mindrolling Jetsun Khandro Rinpoche est une des rares femmes lama bouddhiste tibétaine à enseigner aux Etats-Unis. «Lorsque l’on est bouddhiste, on l’est 24h/24h et 7j/7j » et cela indépendamment de notre sexe.

Khandro

Ce documentaire tourné au Lotus Garden Retreat Center en Virginie aux Etats-Unis, l’un des temples dirigés par Khandro, explore ce qu’une femme leader peut apporter à une communauté religieuse. D’une lignée de maitres bouddhistes, Khandro a pris la succession de son père en parallèle d’un temple qu’elle dirigeait déjà. Présentée comme ayant une pratique rigoureuse et une grande ouverture de coeur, on découvre une femme de caractère et de poigne, droit sur la voie. Khandro n’a jamais été intéressée par l’école laïque, elle a toujours souhaité suivre la voie du bouddhisme.

Souvent présentée comme un « role model », elle est aussi suivie par de nombreux hommes. Son enseignement est celui du dharma et n’a donc pas de genre. Il est fidèle à la loi bouddhique. C’est sa personnalité qui fait la différence, non pas en tant que femme, mais en tant que leader spirituel.

« Les gens aiment le concept mais ne souhaitent pas être ce concept. Donc, ils apprécieront certainement d’en apprendre plus sur le dharma bouddhique mais seront réticents à devenir le dharma et laisser l’idéologie bouddhiste devenir leur vie. » confie Khandro.

Son rôle est principalement de guider sur la voie, d’aider à trouver la paix dans le contentement, de trouver un sens d’équanimité. Ses élèves sont en quête d’une voie solide, de clarté, de discernement. Le sens qu’elle partage dans la pratique est d’arriver à percevoir sa véritable nature. « Le silence est la bonté, expliquer cela est du bouddhisme de bien être, c’est temporaire. » Khandro invite à une pratique plus stricte, plus profonde.

L’occidentalisation du bouddhisme est une bonne chose, néanmoins la dépendance aux enseignants tibétains reste forte, ce qui selon Khandro, ne permet pas une inscription durable dans la société. Les occidentaux pourraient demeurer des siècles encore des élèves des orientaux mais cela ne servirait pas la voie.

« Vous pourriez être bon et pourtant il y a tous les facteurs obstruants qui vous empêchent d’être simplement bon. Vous pourriez être altruiste mais quels sont ces facteurs obstruants qui vous empêchent d’être altruiste. Vous pourriez être simple, sans désirs, sans espoirs, sans peurs et pourtant quels sont ces obstacles qui empêchent cette simplicité? »  C’est sur ce challenge que Khandro ouvre la voie, car ce documentaire est avant tout un film d’humanité et de responsabilité.

 

Khandro

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